02.06.2011 : TEK SPOT - TOURNER UN LONG METRAGE AVEC LE CANON 5D
Pour ces raisons et notamment pour son inventivité et sa maîtrise scénaristique, Frédéric Sojcher, son réalisateur, mérite qu'on le félicite.
Jean-Baptiste GUEGAN
Cependant, plus que le voyage qu'il nous offre, ce sont surtout la mise en abîme qu'il installe et le regard qu'il nourrit, qui en définitive importent. En effet, par les trajectoires de ses deux actrices et tout en prenant à témoin, d'autres de ses représentants, HH, Hitler à Hollywood souligne avant tout les espoirs, les convictions et les enjeux de l'industrie cinématographique de notre vieille Europe. Un singulier portrait en creux s'en dégage et saisit par sa justesse, la situation qu'elle vit aujourd'hui entre souffrance et urgence.
Volontiers documentaire comme il s'annonce lui-même, HH, Hitler à Hollywood se veut foncièrement fictionnel. Jouant sur notre adhésion à cette idée, on se laisse prendre d'autant plus facilement que le recours à des images truquées aide à entrenir le doute initial. De fait, à mesure que l'on suit Maria de Medeiros dans sa quête du passé mystérieux de Micheline Presle, la confusion opère avec profit. Au point que l'on adhére, avec un sourire convenu, à l'histoire faussement vraie d'une conjuration destinée après-guerre à faire taire le cinéma européen, cinéma devenu trop gênant pour son homologue américain vieillissant.
A la manière d'un thriller caméra à l'épaule, sommes-nous ainsi conduits dans les méandres cinéphiles d'une recherche aux folles allures de traque, jusqu'à une révélation finale des plus explosives. L'ensemble ne manque en cela ni de charme ni de sel, malgré ses évidentes invraisemblances et une tendance assumée à la malice.
Canon EOS 5D Mark II, 24-105 mm F4L IS USM, cinéma, long-métrage
Leçon vidéo : réaliser un long-métrage avec un reflex
Carlo Varini, directeur de la photographie, revient sur un tournage particulier : HH, Hitler à Hollywood, entièrement tourné avec le Canon EOS 5D Mark II. Il nous explique ses différentes techniques de prise de vue et la manière dont il a appréhendé le boîtier.
Film photographié
Il y a deux ans environ, lorsque Frédéric Sojcher, professeur de cinéma à la Sorbonne et réalisateur, contacte Carlo Varini, il lui fait part de son envie : jouer le plus possible avec la profondeur de champ sur son prochain film, HH, Hitler à Hollywood. Le chef opérateur, qui a notamment commis Le grand bleu, Subway ou Les choristes, se penche sur le mode vidéo du Canon EOS 5D Mark II. À cette époque, les cinéastes sont unanimes sur le potentiel du boîtier en matière de qualité d’image. Reste à l’utiliser dans les meilleures conditions possibles. Lors de sa prise en main, Carlo note tous les problèmes qu’il va falloir résoudre. Heureuse coïncidence, Canon met à jour le firmware de l’appareil en juin 2009, juste avant le début du tournage : ce dernier permet d’avoir un meilleur contrôle sur les paramètre d’exposition en mode manuel. Carlo Varini décide de tourner l’intégralité du long-métrage avec le boîtier, muni du seul 24-105 mm F4L IS USM (il a utilisé un 50 mm plus lumineux pour tourner une scène nocturne), avec l’obligation de filmer en 30 im/s (NTSC). La mise à jour permettant de tourner à 24 ou 25 im/s est arrivée plus tard. Il nous explique dans l’entretien vidéo ci-dessous comment il a entrepris ce projet ambitieux.
HH, Hitler à Hollywood est un long-métrage du réalisateur belge Frédéric Sojcher. On suit la comédienne Maria de Medeiros, censée réaliser un documentaire sur l’actrice française Michele Presle. Au fil de ses recherches, elle découvre l’existence d’un cinéaste tchèque, Luis Aramcheck, disparu dans de mystérieuses circonstances en 1946. Elle se lance alors dans une enquête haletante, accompagnée de son cameraman, pour mettre à jour ce complot, apparemment fomenté par Hollywood. Frédéric Sojcher a volontairement misé sur un processus de colorisation pour renforcer le côté bande-dessinée de la production : les personnages principaux apparaissent ainsi en couleur, les autres en noir et blanc. De nombreuses célébrités participent à l’aventure : Frédéric Taddéi, Edouard Baer, Marc Ferro, Bruno Solo, Wim Wenders, Sara Forestier, Patrick Chesnais…
Consacré au célèbre sculpteur Suisse Etienne Krähenbühl, nva21 s'intéresse également au film d'Art. Frédéric Paschoud nous propose de découvrir cette oeuvre singulière qui a reçu le prix FEMS 2009-2010 / Fondation Edouard et Maurice Sandoz